Avant de choisir une formation, la première question n’est pas « quelle formation ? ».
C’est : « jusqu’où cette formation peut-elle réellement m’accompagner ? ».
Certaines formations se terminent en quelques jours. D’autres s’inscrivent dans un parcours plus long. Avant de choisir, il vaut la peine de savoir ce que la formation permet réellement d’apprendre et ce qu’elle laisse possible ensuite.
Aujourd’hui, sur le marché de la sonothérapie, je distingue trois grands formats :
Formation courte
Une à six journées pour découvrir les instruments et les premiers gestes.
Formation longue à la carte
Plusieurs modules que chacun choisit selon son projet.
Cursus progressif
Des modules suivis dans un ordre pédagogique précis.
Chacun répond à une intention différente. Chacun a aussi des conséquences sur ce que vous pourrez apprendre pendant et à la suite du parcours.
On peut choisir une formation pour son contenu.
On peut choisir une formation pour la personne qui l’enseigne.
Quelques questions peuvent ensuite donner une direction :
Est-ce que je veux simplement apprendre les premiers gestes ?
Est-ce que j’ai envie d’une expérience immersive autour des instruments ?
Est-ce que cette formation est aussi une occasion de couper avec mon quotidien ?
Est-ce que je veux garder la possibilité d’aller plus loin, même si le temps, les finances ou les priorités ne sont pas encore réunis ?
Est-ce que je veux construire une pratique professionnelle ?
Les réponses peuvent évoluer. Il est simplement utile de savoir ce que l’on cherche aujourd’hui et ce que l’on voudra peut-être demain.
J’appelle formation courte une formation qui ne propose pas plus de six jours au total. Elle peut prendre la forme d’un seul stage ou de plusieurs rencontres, par exemple deux fois deux jours. Ce temps permet d’entrer dans un univers, d’apprendre quelques gestes et de sentir si l’on a envie de continuer.
Pour une découverte des bols chantants, ce format peut être le bon. Pour apprendre la sonothérapie, il faudra davantage de temps : des journées de pratique, des semaines pour intégrer, des mois avant d’acquérir l’aisance nécessaire.
Il ne permet pas d’acquérir toute la technique, la pratique, la posture et l’expérience nécessaires pour accompagner d’autres personnes. La sonothérapie demande du temps avec les instruments. Elle demande aussi de rencontrer des situations que l’on ne peut pas prévoir dans un programme.
Une initiation honnêtement présentée comme une initiation a donc toute sa place. La difficulté vient surtout de l’écart entre le temps réel de formation et ce qui est annoncé à la sortie. C’est le cas, par exemple, d’un certificat de sonothérapie remis au bout de quelques jours.
Le mot certification rassure. Il peut aussi entretenir beaucoup de confusion.
Dans la sonothérapie, certains organismes privés utilisent les mots certification, diplôme ou praticien certifié pour nommer le document remis à la fin de leur formation. Ces appellations internes ne signifient pas que la formation délivre une certification professionnelle enregistrée au RNCP ou au Répertoire spécifique de France Compétences.
Le RNCP est le Répertoire national des certifications professionnelles. Il recense des certifications professionnelles évaluées selon un cadre officiel. Le Répertoire spécifique recense, lui, des certifications qui ne correspondent pas à un métier complet. Une certification interne, remise par l’école elle-même, ne constitue donc pas, à elle seule, une reconnaissance professionnelle par l’État.
Le document compte moins que ce qu’il atteste réellement : combien de temps de formation, quelles pratiques, quelles compétences observées, quel travail entre les stages et quelles limites ont été posées ?
À la fin du cursus Bols, je remets une attestation de parcours. Elle indique les modules suivis et les compétences travaillées. Je suis toujours amusé par le sourire au coin des lèvres quand je leur dis :
Pour moi, aujourd’hui, vous n’êtes pas encore sonothérapeutes. Vous avez par contre toutes les bases pour le devenir. C’est maintenant votre pratique qui fera de vous des sonothérapeutes.
Il reste à conduire des séances, rencontrer des situations différentes, recevoir des retours et corriger ses erreurs. La posture et le discernement se construisent dans cette pratique. Il faut apprendre à adapter un cadre sans reproduire mécaniquement une méthode. Il faut aussi reconnaître ce que l’on sait faire et ce qui dépasse encore notre expérience.
Une formation de quelques jours qui remet un titre de sonothérapeute certifié me pose donc un problème simple : le document promet davantage que le temps de formation ne permet d’intégrer.
Quand j’apprends un domaine, j’aime pouvoir aller au fond des choses. Je ne sais pas toujours au départ jusqu’où mon intérêt me conduira. Je préfère donc commencer auprès d’une personne qui a la compétence de m’accompagner si je souhaite poursuivre.
Un formateur ne peut vous accompagner que sur un chemin qu’il a lui-même parcouru.
Je garde ensuite la liberté de suivre tout son parcours ou de m’arrêter. L’important est de ne pas atteindre trop vite la limite de ce qu’elle peut me transmettre.
Une formation courte peut répondre parfaitement à un objectif précis de découverte ou de curiosité. Si l’envie grandit et qu’aucune suite n’existe, il faudra chercher ailleurs et recommencer par un Module 1 d’un nouveau cursus.
Je regarderais donc ce qui existe après le premier stage : d’autres niveaux, une progression claire, de la pratique entre les modules, des temps de retour ou de supervision.
Une formation longue peut prendre deux formes différentes.
Dans un parcours à la carte, chacun choisit les modules qui l’attirent : voyage sonore, massage sonore, gong, diapasons ou autre spécialité. Cette liberté est pratique. Elle permet de suivre son envie, son projet et son budget.
Elle possède aussi une limite : au début d’un apprentissage, nous choisissons avec ce que nous connaissons déjà. Nous pouvons écarter une partie de la pratique avant même de l’avoir rencontrée.
Dans mon cursus Bols, le voyage sonore collectif vient avant le massage sonore individuel. Certaines personnes arrivent en pensant que le voyage sonore ne les intéressera pas. Elles trépignent presque d’impatience en espérant pouvoir sauter ce module pour aller directement au massage.
Et souvent, le passage par ce module change leur perspective. La pratique qu’elles pensaient secondaire devient parfois celle qui les attire le plus.
Cette observation a renforcé mon choix : une progression pédagogique doit parfois nous faire passer par un endroit que nous n’aurions pas choisi seuls.
L’ordre répond aussi à une question de posture. Accompagner un groupe et accompagner une personne individuellement n’engagent pas la même responsabilité. Dans un accompagnement individuel, toute l’attention se concentre sur une seule personne. Ce que l’on peut imaginer d’elle, ce que l’on projette sur elle et la place que prend le praticien demandent un cadre plus précis. Je préfère construire d’abord l’écoute, la technique et la conduite d’une séance collective avant d’aborder le massage sonore.
Cet ordre peut ne pas convenir à tout le monde. Je préfère l’assumer plutôt que de modifier la progression pour répondre à toutes les envies. Une formation à la carte suit plus facilement ce que le stagiaire veut déjà. Un ordre imposé peut aussi lui faire découvrir un intérêt qu’il avait écarté trop vite.
Quand je choisis une formation, je cherche deux choses : une personne experte dans son domaine et une personne capable de transmettre ce qu’elle sait.
La première partie est souvent la plus simple à observer :
Est-ce que je l’ai déjà vue pratiquer ?
Est-ce que j’ai pu lire, regarder ou écouter son travail ?
Est-ce qu’elle propose elle-même les séances qu’elle va m’apprendre à faciliter ?
Est-ce que je peux échanger avec elle avant de m’inscrire ?
Pour les bols ou les gongs, j’ajouterais des questions très concrètes. Est-ce que j’ai déjà reçu une séance avec cette personne ? Est-ce que je l’ai entendue jouer ? Est-ce que ses vidéos me permettent de comprendre sa relation avec les instruments ?
Dans plusieurs entretiens, des stagiaires racontent qu’ils connaissaient déjà mon travail, mes vidéos ou ma manière de jouer avant de s’inscrire. Ils choisissent d’abord le formateur, puis regardent le parcours proposé. C’est une façon tout à fait valable de commencer.
Je trouve risqué de choisir une formation instrumentale sans avoir jamais entendu jouer la personne qui va l’enseigner. Un programme décrit ce qu’elle annonce transmettre. Sa pratique montre une partie de ce qu’elle sait réellement faire.
La pédagogie reste plus difficile à évaluer avant d’avoir commencé. Un entretien téléphonique donne déjà quelques indications. On peut sentir si la personne écoute, si elle comprend le projet et si sa manière de répondre nous convient.
C’est pour cette raison que je demande un appel avant toute inscription à un Module 1. Cet échange permet à chacun de sentir comment la relation s’installe et si la formation correspond réellement au projet.
La maîtrise d’un sujet ne suffit pas à faire un bon formateur. La pédagogie demande de construire une progression, d’expliquer une idée de plusieurs façons, d’observer les gestes, de corriger avec précision et de rendre l’élève de plus en plus autonome.
Je me méfie aussi des réponses qui ferment une question trop vite. Un formateur expérimenté peut dire ce qu’il observe, ce qu’il suppose et ce qu’il ignore encore. La pédagogie devrait donner des repères pour observer par soi-même.
Une formation en sonothérapie ne transmet pas seulement des techniques instrumentales. Elle prépare parfois à recevoir un groupe ou à accompagner individuellement une personne qui nous accorde sa confiance.
Le cadre éthique n’est donc pas un supplément placé à la fin du programme.
Quelques questions permettent déjà de voir la place qui lui est donnée :
Est-ce que la formation aborde le consentement et la juste distance ?
Est-ce qu’elle parle de la place du praticien et du pouvoir que peut créer une relation d’accompagnement ?
Est-ce qu’elle explique les limites de la sonothérapie ?
Est-ce qu’elle prépare à réagir lorsqu’une personne vit un inconfort ou une expérience difficile ?
Est-ce qu’elle précise les situations qui doivent être orientées vers d’autres professionnels ?
Est-ce que les effets du son sont présentés avec mesure, sans promesse impossible à garantir ?
Pour moi, l’éthique apparaît autant dans le contenu du programme que dans les limites posées par la personne qui forme. Savoir accompagner demande aussi de savoir jusqu’où ne pas aller.
Avant de s’inscrire, il reste quelques réponses à chercher :
Est-ce que je veux vivre une expérience ponctuelle ou commencer un apprentissage ?
Est-ce que je préfère garder la possibilité d’aller plus loin si l’envie arrive ?
La durée est-elle cohérente avec les compétences et le titre annoncés ?
Puis-je voir la personne pratiquer et échanger avec elle ?
Le programme parle-t-il de pratique, de posture, d’éthique et de limites ?
Est-ce que je sens que c’est le bon endroit pour moi ?
Aucune réponse isolée ne garantit la qualité d’une formation. Ensemble, elles donnent une image plus précise de ce qui est réellement proposé.
Bien sûr, cet article a une direction. J’enseigne ce en quoi je crois, et ma préférence va aux cursus progressifs. Je prêche donc pour ma paroisse. En le faisant, je souhaite aussi vous donner quelques pistes pour choisir le format de formation qui vous correspondra le mieux.
J’ai construit les formations Silence Sonore comme la formation que j’aurais aimé recevoir lorsque j’ai démarré la sonothérapie.
Le premier module dure trois jours. Il ouvre un cursus plus long, sans engagement financier sur toute la suite. Chaque module est réglé séparément, mais la progression garde un ordre précis.
Je montre aussi publiquement ma manière de jouer, notamment à travers mes vidéos. Cela ne prouve en rien la qualité de ma pédagogie, mais permet au moins de savoir depuis quelle pratique je transmets.
Cette progression ne conviendra pas à tout le monde. Elle s’adresse aux personnes qui veulent prendre le temps de comprendre et de pratiquer. Elle s’adresse aussi à celles qui veulent s’offrir la possibilité d’explorer ces instruments qui m’animent tant.
Si vous êtes encore dans la réflexion, c’est normal. Choisir une formation demande de comparer ce que l’on veut, ce qui est proposé et la personne qui transmet. Si mes formations vous semblent correspondre à ce que vous cherchez, vous pouvez découvrir le détail des cursus et des prochaines entrées sur la page des formations.
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